La maladie ne fait pas qu'altérer notre corps ; elle change également la perception des autres sur nous. Certaines affections, ici bénignes, sont dans d'autres lieux synonymes de mort sociale, puis psychologique et enfin physique. Cette vidéo présente des femmes et des hommes qui oeuvrent pour redonner leur dignité aux femmes africaines atteintes de fistule, des médecins-bâtisseurs de dignité. Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens...
Depuis quelques jours est exposé le Linceul de Turin. Comme toujours dans ces cas-là, resurgissent les sempiternels débats sur son authenticité et sa datation. Benoît XVI a pris le parti de qualifier le Suaire d'« icône » et non de relique : je crois que c'est salutaire.
Salutaire parce qu'il nous permet ainsi de sortir de la vénération de l'objet pour lui-même, pour atteindre une profondeur plus grande. Quand nous apprécions une photo (pour les plus âgés esthètes, un polaroïde), apprécions-nous le papier ? l'image ? ou la manière dont l'image fait revivre en nous tel ou tel moment, et nous rappelle, à nous qui pouvons facilement oublier, idéaliser, dévaloriser, ce qui a été ?
Irene a eu une enfance difficile : sa mère s'est suicidée alors qu'elle avait huit ans, après une dépression qui a suivi sa stérilisation forcée, comme 37% des femmes porto-ricaines entre 1955 et 1969. Deux de ses frères sont accroc à l'héroïne.
Le geste du lavement des pieds, posé ce soir dans toutes les églises catholiques, me touche profondément. Quand vous êtes-vous fait(e) laver par quelqu'un pour la dernière fois ? Probablement durant votre enfance. Quand sera la prochaine fois ? Sûrement lorsque, l'âge aidant, la maladie vous contraindra à accepter qu'un autre supplée à vos forces déclinantes.
La polémique actuelle sur la burqa m'évoque le débat qui avait agité nos quotidiens à l'automne 2003 : pour ou contre le port du string à l'école ? Car le parallèle est frappant : on se demandait à l'époque s'il fallait interdire aux collégiennes d'offrir leur corps en pature aux regards comme aujourd'hui on se demande s'il est autorisé aux femmes musulmanes de l'y soustraire. Jadis comme maintenant, on refuse la parole aux principales intéressées, arguant qu'elles n'ont pas la liberté nécessaire pour décider par elles-mêmes.
L'Amour se passe parfois de mots. Nous, les parlants, faisons parfois peu de cas de ces mots qui nous sont donnés pour dire l'amour. On "aime" le gâteau au chocolat et on a "adoré" Avatar. On dit "je t'aime" trop souvent pour être crédibles et trop peu pour être humains. Nous usons des mots jusqu'à les user : « paroles, paroles, paroles ». Nous, les entendants, savons finalement assez peu écouter. Et parfois nous préférons nous écouter nous-mêmes parler.