Leurs arguments sont divers et variés (même s'ils oublient le vrai argument choc, qui donnerait presque envie aux vieilles dames folles de la messe de rejoindre la profession, l'affirmation par le Christ himself que les prostituées nous précéderont dans le Royaume). Dans une émission de radio entendue ces derniers jours, une représentante de la profession en avançait deux : sa liberté - inaliénable, selon elle - de disposer de son corps (sic[fn]les habitués d'une certaine novlangue reconnaîtront ici un appel du pied aux féministes[/fn]) comme bon lui-semble ; un mal qui serait nécessaire pour éviter des viols.
On y est : l'instrumentalisation de l'humain touche le fond. Le 26 janvier, rapporte Le Monde, est né en France le premier «bébé-médicament», créé de toutes pièces par la technique pour guérir son grand frère. Mais quelle fraternité peut exister entre deux êtres quand l'un d'eux ne doit son existence qu'au confort du premier ?
L'enfer est, dit-on, pavé de bonnes intentions. Ne doutons pas de la qualité des celles de Jean-François Chossy, notamment vu la constance de son implication en faveur des personneshandicapées[f
Il est commun de reprocher aux industries d'asservir l'homme, de nier son humanité, par le travail à la chaîne surmécanisé qui prive le travail de son sens, par les exigences du contrôle qualité qui, dans des processus toujours plus lean, laisse bien peu de place à l'imperfection pourtant si humaine. S'il est un business qui n'échappe pas à cette règle, c'est l'exploitation du corps humain, qui considère les personnes comme des objets pour autrui.
Je vous invite à lire le communiqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, président de l'Académie diocésaine pour la Vie, sur les dérives de Roselyne Bachelot (qui a su faire, au cours des derniers mois, de l'IVG un véritable business, parce qu'elle ne trouvait pas assez de médecins dont la conscience ne réprouvait pas l'IVG... et réfléchit à leur ôter leur clause de conscience.)
Dimanche a lieu la Marche pour la vie qui a pour but de sensibiliser nos concitoyens aux enjeux moraux (certains préfèrent dire éthiques... ce qui est la même chose, l'un en latin, l'autre en grec !) liés au respect de la vie. C'est en y pensant que je lisais l'évangile de demain : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
PeTA, organisation vouée à la protection des animaux que j'ai déjà évoquée ici, récidive dans son utilisation du corps humain à des fins militantes. Elle ajoute en effet à son triste palmarès (tapez Peta dans Google Images) une image de la mannequin Joanna Krupa parée d'ailes d'anges, complètement nue à l'exception de son intimité -à peine- recouverte par un crucifix. Plus que la campagne elle-même et de l'amalgame des symboles religieux, c'est la tentative de justification face aux critiques qui m'a ici intéressé : Krupa se réclame en effet... de Jean-Paul II !
Dans une interview, elle avait en effet répondu « Je crois qu'être dérangé par le fait qu'une femme soit topless dans une série de photo ou un film est vraiment ridicule. [...] D'ailleurs, le fait est que selon Jean-Paul II, puisque nous sommes nés nus, c'est de l'art : il s'agit juste de montrer un magnifique corps que Dieu a créé.» Elle réagit ainsi à la controverse sur les photos : « En tant que catholique, je suis choquée que la Catholic League s'en prenne à ma campagne pour PeTA. Je fais ce que l'Eglise catholique devrait faire : travailler à faire cesser les souffrances des animaux, les créatures les plus innocentes de la Création. »
Une loi pour l'euthanasie discutée au parlement malgré un vote à l'unanimité en 2005, une première secrétaire du Parti Socialiste qui se prononce pour le mariage homosexuel : un certain nombre de débats reviennent périodiquement sur le devant de la scène politique, du fait de coups de boutoir portés par quelques associations médiatiques (ADMD et Act-Up en tête) et complaisamment relayés par des politiques qui cherchent à surfer sur la vague, quelle qu'elle soit.
La crise des valeurs bat son plein. Les biologistes de Stanford et Newcastle jouent aux apprentis sorciers en créant des gamètes à partir de cellules souches. Pendant ce temps, des économistes londoniens envisagent sérieusement la contraception généralisée au nom de la protection de l'environnement.