Ma plus grande prière, c'est de l'aimer comme elle le mérite.. Je veux l'aimer comme Christ a aimé l'Eglise ; l'aimer comme son Père du ciel l'aime ; l'aimer comme l'Esprit Saint aime son âme ; l'aimer comme elle a été créée pour être aimée.
La place (ou le peu de place) des femmes dans l'Eglise fait régulièrement débat chez les catholiques, les positions se situant dans un large éventail qu'encadrent deux extrêmes : ceux qui prônent l'ordination des femmes et ceux qui refusent même de les laisser entrer dans le choeur. Si les femmes sont de fait très présentes, elles n'occupent que peu souvent des fonctions comportant une forte visibilité (notamment d'enseignement), alors que rien ne s'y oppose formellement.
L'Osservatore Romano, le journal du Pape, contribuera bientôt modestement à rétablir[fn]il ne s'agit pas ici de dire que cela "suffirait" à rétablir un équilibre loin d'être atteint, mais cela témoigne de la même volonté qui a présidé à l'apparition des "minorités visibles" dans notre petit écran et permis ainsi de "normaliser" la diversité[/fn] un peu l'équilibre en créant un supplément mensuel[fn]dans l'édition du dernier jeudi de chaque mois, à partir du 31 mai[/fn] de 4 pages sur la place des femmes dans l'Eglise, écrit par des femmes.
L'Eglise peine aujourd'hui à être comprise dans ses positions, particulièrement dans le domaine de la morale conjugale et familiale. Elle paraît insensible à la douleur exprimée par les personnes qui, pour une raison ou une autre, s'en sentent exclus voire se sentent condamnés par elle, et seuls 28% des français auraient confiance en elle.
Emmanuel Pic le relève et invite à s'interroger. Philippe Clanché, lui, a déjà sa réponse : il plaide pour l'évolution des positions de l'Eglise sur un certain nombre de sujets[fn]du type inventaire-patchwork-revendicatif, et - dans le souci d'avancer le débat avec lui - je vais d'ailleurs ignorer ce joyeux melting pot pour me concentrer sur la volonté plus large d'une ouverture qui passerait par une adaptation du discours de l'Eglise[/fn]. Il manifeste sa pitié pour Mgr Lafitte[fn]Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Famille[/fn], qu'il estime écartelé entre une volonté de faire sentir "que l'Eglise aime (les gens) comme le Christ les aime" et une loi jugée impitoyable.
Jesús porte bien son nom : ce jeune mexicain a porté, concrètement, le péché des hommes, et plus particulièrement la déviance d'un prêtre qui se trouve également être pédophile. Un film documentaire sorti le 5 octobre, Agnus Dei, livre son témoignage douloureux, et un réquisitoire contre l'aveuglement des autorités civiles et religieuses.
J'ai vu ce film aujourd'hui. Malgré quelques imperfections, et quelques scènes marquantes par leur violence (j'y reviens), il m'a semblé, selon les mots d'un prêtre de Toulouse mentionné par la réalisatrice dans cette interview accordée à La Vie, "équitable et nécessaire".
L'Église "corps du Christ" fait partie de ces images qui, bien que censées épicer notre foi, ne font bien souvent qu'affadir la soupe homilétique de certains de nos -cependant aimés- curés. C'est l'inconvénient d'une culture chrétienne très riche : cédant à la tentation du zapping, nous risquons souvent de créer des lieux communs théologiques.
Christine Clerc, chroniqueuse de Marianne 2, tire plus vite que son ombre et en tout cas plus vite que tout le monde les leçons de la béatification de Pie XII[fn]dont il convient de rappeler ici qu'elle n'a pas eu lieu, Benoît XVI ayant signé un décret de déclaration des vertus héroïques, qui n'est qu'une étape vers la béatification et non celle-ci[/fn] et annonce haut et fort que, je cite, « la béatification de Pie XII [l']a rendue athée ». La journaliste relate d'abord son parcours -heureux- à l'école catholique puis sa découverte du christianisme comme système de pensée et principe d'action sociale. Puis liste un certain nombre de raisons qui la conduisent à claquer la porte de l'Église. Trois points me touchent particulièrement.
Le Nouvel Obs reprend une dépêche de l'AP, qui annonce que l'Eglise de Suède aurait donné son aval au mariage homosexuel. On prend le vocabulaire ecclésial -synode, archevêque, prêtres-, on mélange et... on relaie l'information telle quelle dans notre pays, de culture très différente à la Suède. Le résultat pourrait donner l'impression que l'Eglise catholique reconnaîtrait le "mariage homosexuel"[fn]Il nous semble que la lecture de notre site suffit à montrer en quoi c'est un oxymore[/fn].
Seulement, il ne s'agit absolument pas de l'Eglise catholique, mais luthérienne, séparée ; on n'y trouve point de prêtres (au sens catholique du terme, c'est à dire de ministre du culte agissant in persona Christi lors de l'eucharistie) mais des pasteurs. La confusion des genres est savamment entretenue par le Nouvel Obs, qui mise manifestement sur une erreur sur la personne.. Par esprit d'oecuménisme, jetons toutefois un oeil à la vision luthérienne, pour éprouver ses fondements.. Nous verrons que la vision catholique du corps n'en resplendira que plus certainement.
Le diocèse de Lyon prend la question... à bras le corps : "comment la religion de l'incarnation passe-t-elle aux yeux de nos contemporains pour celle qui a un problème avec le corps ?" et lance une année du corps, dans le cadre d'un triennum (entendez, cycle de 3 ans) sur la personne humaine. Et cette année est riche d'événements ! Si vous habitez le coin, ne manquez pas cette occasion unique de vous former, de vous rapprocher du Dieu incarné, et de découvrir le sens de votre propre corporéité.