Après les agapes de fin d'année, la nouvelle s'ouvre avec les soldes... et comme chaque année[fn]j'ai déjà évoqué ce sujet ici, ici et ici[/fn] l'on y voit refleurir deux injonctions, matraquées par la pub et les magazines : Consommez ! Maigrissez !
Au-delà de l'aspect potache et parfois graveleux du jeu[fn]les réponses évoquant immanquablement des performances physiques des plus optimistes - I Am Legend - aux plus piteuses - 60 secondes chrono[/fn], une réalité : tel un questionnaire de Proust, notre culture nous reflète et nous influence en même temps. Une question surgit : chacun peut se demander quel titre de film reflète sa vie (notamment affective) aujourd'hui ? souhaiterait-on qu'il en soit autrement ?
Comment mesurer une année dans une vie ? Qui peut dire si elle fut réussie ou manquée ? Cela a t-il même un sens ? Chaque année, à cette période, je sens irrésistiblement[fn]pas que j'essaie d'y résister ![/fn] ces paroles du Psaume 116 monter en moi : « comment rendrais-je à Dieu tout le bien qu'il m'a fait ? ». Deo Gratias !
Jean-Paul II n'a pas toujours été Jean-Paul II. Ni Karol Wojtila, Karol Wojtila. Car celui qui devint Jean-Paul II fut également auteur, sous le nom de plume d'Andrzej Jawień. Parmi ces pièces, l'une d'elle a une saveur particulière : la Boutique de l'Orfèvre. Elle fut montée par l'association "En Marche" et est aujourd'hui disponible en DVD.
La pièce met en scène trois couples. La vie a séparé Thérèse et André, puisque ce dernier est mort au combat ; elle a désuni Anna et Stéphane, qui ont laissé s'éteindre la flamme. Christophe, enfant de Thérèse et André, est amoureux de Monique, fille d'Anna et Stéphane. L'Orfèvre, qui façonne les alliances, est lui témoin de ces histoires singulières.
L'Eglise peine aujourd'hui à être comprise dans ses positions, particulièrement dans le domaine de la morale conjugale et familiale. Elle paraît insensible à la douleur exprimée par les personnes qui, pour une raison ou une autre, s'en sentent exclus voire se sentent condamnés par elle, et seuls 28% des français auraient confiance en elle.
Emmanuel Pic le relève et invite à s'interroger. Philippe Clanché, lui, a déjà sa réponse : il plaide pour l'évolution des positions de l'Eglise sur un certain nombre de sujets[fn]du type inventaire-patchwork-revendicatif, et - dans le souci d'avancer le débat avec lui - je vais d'ailleurs ignorer ce joyeux melting pot pour me concentrer sur la volonté plus large d'une ouverture qui passerait par une adaptation du discours de l'Eglise[/fn]. Il manifeste sa pitié pour Mgr Lafitte[fn]Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Famille[/fn], qu'il estime écartelé entre une volonté de faire sentir "que l'Eglise aime (les gens) comme le Christ les aime" et une loi jugée impitoyable.
Jesús porte bien son nom : ce jeune mexicain a porté, concrètement, le péché des hommes, et plus particulièrement la déviance d'un prêtre qui se trouve également être pédophile. Un film documentaire sorti le 5 octobre, Agnus Dei, livre son témoignage douloureux, et un réquisitoire contre l'aveuglement des autorités civiles et religieuses.
J'ai vu ce film aujourd'hui. Malgré quelques imperfections, et quelques scènes marquantes par leur violence (j'y reviens), il m'a semblé, selon les mots d'un prêtre de Toulouse mentionné par la réalisatrice dans cette interview accordée à La Vie, "équitable et nécessaire".
Comme disait un grand philosophe devant l'Eternel, "y'a pas que la messe dans la vie, y'a le sexe aussi". Marie-Paul Ross, religieuse et membre des Missionnaires de l'Immaculée Conception, l'a bien compris, puisqu'elle est aussi... sexologue. Elle publie ces jours-ci aux éditions Michel Lafon un livre, "Je voudrais vous parler d'amour.. et de sexe", qui saura à coup sûr faire parler de lui[fn]et que j'ai pu découvrir grâce à @annecejuillet[/fn].
Dans une interview accordée cet été à Catholic News Agency[fn]mais qui m'avait échappé, l'été ayant été bien occupé[/fn], Mgr Lafitte, secrétaire du Conseil Pontifical pour la Famille, avertit contre la tentation de limiter l'enseignement du bienheureux Jean-Paul II sur l'amour humain à la seule sexualité.
Qualifiant la série de catéchèses du Pape de "corpus doctrinal très, très important", l'évêque rappelle que le titre original du recueil les rassemblant est "Catechesi sull’Amore Umano", soit Catéchèses sur l'Amour Humain.
C'est peut-être une évidence, pour vous, mais pour France 2 et Libé, c'est un scoop : l'IVG n'est pas impardonnable. C'est qu'on a parfois tendance à voir dans le Pape un Père fouettard et dans l'Eglise une marâtre qui n'a de cesse de vous faire chuter. Bien au contraire, l'Eglise sait se faire maternelle, et le Vicaire du Christ, tendre Père.